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Youtube en Classe, interview de Stephanie de Vanssey, SE-Unsa

Stephanie de Vanssay, bonjour,

Alors nous allons parler pour une fois de ta coutume, de youtube en classe.

Oui, tout d’abord, ce que je voulais dire, c’est que j’ai découvert youtube, en tant que spectatrice, par hasard on m’a montré une vidéo qui m’a plue, et je me suis abonnée à une première chaîne, et depuis j’ai mis le doigt dans l’engrenage infernal de youtube, au point de délaisser complètement la télé mais, je conseille cette expérience car en fait il y a énormément de contenus intéressants aussi bien pour se distraire que pour s’instruire, voire pour se former en tant qu’enseignante.

Et évidemment, comme tout enseignant qui se respecte, à partir du moment où on découvre un outil intéressant et ludique, on se dit mais qu’est ce qu’on pourrait bien en faire en classe avec les élèves ?

Youtube c’est des chaînes, c’est des millions de vidéos qui sont partagées, c’est une sorte de réseau social aussi, puisqu’on peut suivre une chaîne, il y a des youtubers, il y a des personnages qui sont sortis de ce monde là, alors, qu’est-ce qu’on peut faire véritablement dans une salle de classe  

Pourquoi c’est intéressant, de s’intéresser à youtube ?  c’est parce que justement, les jeunes ils sont massivement, donc tout comme il y a quelques années il était pertinent de leur envoyer des informations périscolaires ou scolaires  sur facebook parce qu’ ils voyaient s’afficher dans leurs fils tout d’un coup, regarder tel documentaire qui se raccroche aux programmes ce soir c’est particulièrement intéressant, là ils peuvent éventuellement s’abonner à quelques chaînes, soit disant choisies par le professeur pour leur intérêt pédagogique intrinsèque, et donc être touché par ce moyen là.

Ils ont effectivement des youtubers phares et peuvent en découvrir d’autres, qui sont les youtubers phares des profs. On a en fait toute une génération spontanée de youtubers qui ont envie de partager leur passions et leurs savoirs, on les appelle les « vulgarisateurs ». Il y a même un évènement vulgarizators (https://www.facebook.com/vulga2015/), je vous invite à les regarder sur internet ce que ça donne, c’est vraiment très intéressant, et donc c’est particulièrement intéressant d’emmener les élèves vers ces contenus-là.

Après concrètement en classe, ça peut être utilisé de plein de façon très différentes, soit, en amont du cours dans un type classe inversée, on regarde une vidéo d’abord et puis après, on travaille sur son contenu et on s’interroge etc. … en classe, ça peut aussi être une vidéo qu’on regarde en cours d’apprentissage pour la critiquer, voire si elle est conforme au savoir, et est-ce qu’on peut vérifier les informations, est-ce qu’on peut éventuellement échanger avec les youtubers dans les commentaires pour avoir des détails sur ces sources, et des points à creuser, et l’aspect réseau social pour le cours était extrêmement  intéressant, et ça peut aussi être utilisé en complément du cours, à des fins de révisions et d’approfondissement.

Donc une fois qu’on a dit ça, une autre étape peut être qui pourrait être franchie, pour un enseignant c’est de créer lui-même sa chaîne ?

Alors, certains enseignants, s’y sont lancés, c‘est souvent extrêmement intéressant parce que, ils savent comme d’ailleurs plein de vulgarisateurs aussi, car ils savent allier  sérieux des contenus, et humour,  mise en scène, décalage, car il faut vraiment savoir que les élèves n’iront regarder que les vidéos si il y a autre chose qu’un cours filmé. Un cours filmé, je pense aurait peu de succès, par contre s’ils savent que dans la vidéo conseillée par leur professeur et tournée par leur professeur, il y a à un moment donné un petit gag et une petite astuce , un point d’humour, ils vont y aller , voire même on va être étonné de voir que d’autres élèves qui ne sont pas de la classe vont aller suivre la chaîne du professeur.

On va me dire, bien entendu, voilà encore un talent qui est demandé à l’enseignant, et l’enseignant il va bientôt faire la vaisselle, nettoyer la voiture, il faut qu’ils aient en  plus talent  pour créer une chaîne youtube, et faire un peu marrer les élèves pour les attirer, est-ce que ça ne fait pas trop ?

Bien entendu, il ne s’agit pas de faire rentrer dans le référenciel des enseignants, les compétences et l’envie, et le temps de créer  une chaîne youtube. Il faut savoir qu’évidemment c’est un travail extrêmement chronophage, donc si ça intéresse l’enseignant, si ça lui plaît, s’il le fait aussi pour le plaisir, ce n’est pas interdit. Après on a le droit de ne pas avoir envie de le faire, et d’utiliser justement les contenus qui sont déjà présents massivement sur internet, des collègues ou des autres personnes qui ne sont pas forcément professeurs, mais qui peuvent être de très bons pédagogues.

Youtube c’est comme une société privée, qui appartient à un groupe je crois, mondial, est-ce que ce n’est pas gênant.

C’est comme ce que je disais au début sur facebook, c’est-à-dire ce qui est important c’est d’être là où les élèves sont. J’ai pas de part dans youtube, voilà, je n’ai même pas de chaîne moi-même, donc il n’y a pas de publicité à faire, mais il faut savoir s’emparer de l’outil du moment et de là où sont les gens, et youtube a un énorme avantage, c’est qu’il est facilement accessible sur tous support, ce qui n’est pas toujours le cas des autres chaînes maison, qu’on peut  voir à droite et à gauche, ou outils institutionnels.

Après, c’est pas du tout un rejet, évidement et il convient évidemment de se poser des questions sur ce qu’on a droit de faire ou pas, comment diffuser une chaîne youtube, comment mettre en scène éventuellement des élèves, et quelles sont les autorisations à recueillir etc. C’est l’occasion de se poser en contexte du projet, des vraies questions d’ordre juridique, et éthique.

Quelques petits inconvénients à youtube, donc de temps en temps, youtube vous met des publicités, avant après pendant …  est-ce que c’est aujourd’hui preuve de l’école.

Ce qui a été dit tout à l’heure à la table ronde par le « monsieur juridique » du Ministère, c’est que bien entendu, autant que possible éviter les supports avec des publicités … mais que la présence de publicités ne doivent pas interdire d’utiliser un support,  on ne s’interdit pas des journaux avec des publicités dans le CDI.

Donc si l’intérêt pédagogique de la vidéo est là, le fait de subir la publicité n’est pas rédhibitoire, et puis c’est  aussi l’occasion de pouvoir décrypter avec les élèves, quel est le modèle économique, et qu’est ce qui fait vivre youtube et les youtubers.

La plupart du temps, on peut passer de la publicité ou ‘enlever, décocher l’affichage,

Oui mais à ce moment-là, cela pause d’autres problèmes, parce que à ce moment-là il faudrait l’autorisation des youtubers pour une diffusion, ce qui lui permet de monétiser sa vidéo.

Sachant que la plupart des vulgarisateurs sont ravis que leurs vidéos seront utilisées en classe, et qu’un simple message dans leurs commentaires ou les réseaux sociaux, permet d’obtenir l’autorisation adéquate. Certain ont eu la précaution de mettre la mention « creative common », ce que certains on fait mais très peu, hélas !

On admet au début, un peu de cette utilisation en classe, il y a des pratiques qui vont évoluer sur ça ?

Alors on en est au début, on en est aux prémices et ça commence à s’expérimenter, et il faut aussi surmonter ce qu’on a à chaque nouvelle utilisation de l’outil en éducation nationale, le fameux, « mais youtube c’est interdit en classe ». Ça a été dit clairement tout à l’heure sur la table ronde, youtube comme tout autres outils n’est pas en soit interdit en classe, c‘est la façon de l’utiliser qui va faire que c’est pertinent ou non pertinent, mais là il n’y a aucune interdiction, parfois un filtrage mais le filtrage peut se lever quand il y a un intérêt pédagogique et il faut le négocier, et le Ministère l’a clairement écrit dans ses documents.

Oui, tout ça semble intéressant avec un ou une seule bémol… c’est que si on n’a pas de débit en classe ça va être compliqué de regarder la vidéo en streaming quand même..

Tout à fait, il y a aussi la technique et le débit qui doit suivre et ça c’est une vraie difficulté. D’ailleurs, souvent Youtube est filtré dans les établissements, pas forcément pour de contenus potentiellement sensibles, et pour des questions de débit.

Merci !

 

pour aller plus loin, consulter le site Internet de Stephanie de Vanssay (https://ecolededemain.wordpress.com/author/devanssay/)

consulter le site Internet des Vulgarizators  ( https://www.facebook.com/vulga2015/ )

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