Histoire des TBI/TNI Écrans interactifs jusqu’à aujourd’hui

Invention du TBI

L’invention et l’histoire du TNI/TBI et des écrans interactifs est plus ancienne qu’on le croit souvent puisque les prémices sont de la fin des années 80 du 20e siècle
Liveboard Xerox

Comme pour la souris et l’interface graphique, c’est à Rank-Xerox que l’on doit l’invention du concept de TBI.

C’est en effet vers la fin de 1988 qu’au Xerox Parc de Palo Alto naissait le « Liveboard ».
Ce TBI avait déjà tout dont l’affichage par transparence ce qui évitait l’ombre portée et des capacités de travail collaboratif à distance.

 

Commercialisation du TBI

Le Smart 585

La société SMART Technologies, implantée au Canada, commercialise le premier TBI dès 1991. Ce TBI utilisait 4 petites caméras situées dans les angles (DViT pour Digital Vision Touch) pour suivre les déplacements de l’utilisateur. Cette technologie est toujours exploitée par cette société en complément d’autres.
En 1992, Smart sort son 585, d’abord sous forme d’un cabinet en rétroprojection, puis en 1994 sous la forme de TBI classique.
En 1997, 1998, puis en 2005, SMART sort respectivement ses séries 300, 500, puis 600 à technologie tactile (utilisable par pression du doigt).
En 1997, Promethean le second poids lourd de l’industrie des TBI rejoint la course avec son ActivBoard. Contrairement aux SMART, ce TBI ne sera utilisable qu’au stylet et n’offrira pas d’interface tactile avant 2011 avec l’ActivBoard 500.
Aujourd’hui, l’interface tactile est devenue la norme, les smartphones et le tablettes ayant généralisé cette ergonomie.
À cette époque, plus d’une centaine de sociétés se sont introduites sur le marché des TBI. La part du lion est cependant toujours restée aux compagnies historiques avec SMART qui représentait alors 50 % du marché et Promethean, 25 %.
Le géant EPSON, spécialiste des vidéoprojecteurs a lancé en 2010 a lancé le premier vidéoprojecteur interactif à grande échelle. Indiquons que Nec en 2006 avait tenté l’expérience sans succès.
Dans les pays émergents dont faisait partie la France, ces vidéoprojecteurs ont eu beaucoup de succès, car ils tiraient les prix vers le bas et la mauvaise ergonomie et le logiciel simpliste de ces matériels n’ont pas rebuté les décideurs. C’était une sorte de retour en arrière dans l’utilisation des tableaux interactifs.
SMART Technologies sort rapidement un vidéoprojecteur interactif permettant de travailler avec le doigt, mais Epson reste le leader du marché qui se divise alors au niveau mondial en deux entités. Les pays avancés qui continuent de miser sur la technologie des TBI constituée d’un tableau « intelligent » et d’un vidéoprojecteur de plus en plus grand-angle pour limiter les effets d’ombre. Les pays à faible développement comme la France ont privilégié les vidéoprojecteurs interactifs et les tableaux interactifs bas de gamme. Ceci a eu un impact certain sur le développement du marché, l’ergonomie médiocre n’encourageant pas les enseignants à adopter de façon courante ces outils.
À la même époque, pour les pays avancés, les constructeurs, notamment Promethean et SMART ont développé des écrans interactifs. Cette technologie en supprimant le vidéoprojecteur et en augmentant les capacités tactiles et la lisibilité permettait enfin d’avoir un produit totalement mûr sans aucun des inconvénients des matériels antérieurs.
Ainsi, progressivement, les écrans remplacent les tableaux interactifs malgré un coût d’acquisition légèrement supérieur aux solutions antérieures. À plus long terme, cela reste un bon calcul y compris sur le plan économique, car le coût de possession est plus faible pour les écrans. Il n’y a pas de lampes à changer ni de maintenance sur le vidéoprojecteur.
Aujourd’hui, au début des années 20 du vingtième siècle, la situation a complètement changé. Il ne reste quasiment plus de fabricants de TBI et de nouveaux acteurs sont entrés sur le marché des écrans interactifs. Cependant, la question du logiciel restant primordiale, seules les sociétés ayant un logiciel de qualité ont réellement pris des parts de marché. Les logiciels « libres » et gratuits peuvent toujours se télécharger, mais ils ne sont plus maintenus et sont de moins en moins compatibles avec les ordinateurs d’aujourd’hui.
Cependant, les meilleurs logiciels pour écrans interactifs sont désormais installables, moyennant finance sur des solutions d’autres marques. Ceci est une très bonne chose, car cela facilite les échanges entre utilisateurs et la mutualisation. Un enseignant qui change d’établissement ne sera pas dépaysé, car il retrouvera le même logiciel, même si la solution matérielle est un peu différente.
Le marché est donc aujourd’hui mûr, que ce soit dans le domaine de l’entreprise ou celui de l’enseignement. L’évolution sera désormais plus sur les logiciels et notamment les applications collaboratives associées aux clouds. Le matériel se perfectionnera dans l’ergonomie et les fonctionnalités, mais c’est surtout la baisse de prix des écrans qui permettra prochainement la généralisation de ces technologies.

Histoire du TBI en France

En France, la diffusion du TBI est d’abord très timide et on doit à l’opération TBI-PrimTICE, d’avoir stimulé l’équipement des classes de primaire.

L’opération TBI-PrimTICE

PrimTICE

Cette opération est lancée par la Sous-direction des Technologies de l’information et de la communication pour l’éducation (SDTICE) en avril 2004. On passe d’une dizaine de TBI avant l’opération à environ 2500 TBI à la fin 2007, et 14000 étaient prévus pour la fin de l’année 2008.

Les constructeurs participant au projet sont GTCO Calcomp, Hitachi, Polyvision, Promethean et Smart.

Le TBI en France en 2010

Le rapport Fourgous, remis à Luc Chatel le 15 février 2010, dresse le bilan de la mission parlementaire « Réussir l’école numérique ». Il fait de l’équipement des établissements en TBI une mesure phare :
« Généraliser à 100% des établissements scolaires les tableaux numériques interactifs associés à un ordinateur et à un logiciel de création de séquences pédagogiques multimédias. »

Dans la décennies 10 du 21e siècle de plus en plus de Conseils Généraux et Régionaux mettent en œuvre des plans d’équipement et d’informatisation des collèges et lycées. De ce fait, ils sont de plus en plus nombreux à avoir inscrit les TICE dans leurs dépenses d’investissement pour les 3 prochaines années. Le nombre d’appels d’offres passé par les collectivités territoriales sur les tableaux interactifs a presque doublé en 2008 par rapport à 2007. Et le mouvement va se poursuivre, voire s’accélérer au cours des prochains mois.

La France est cependant encore très loin des plans de déploiement du Royaume-Uni, du Mexique et de l’Espagne. La Grande-Bretagne représente un modèle avec 98% des établissements de l’enseignement secondaire équipés (22 TBI en moyenne par établissement), et 100% des écoles primaires équipées (8 TBI par école).

L’influence du plan ENR sur les équipements des écoles

Le cahier des charges du plan ENR (2009-2010), destiné à favoriser l’équipement des écoles primaires des communes rurales encourageait les matériels réglables en hauteur avec vidéoprojecteurs solidaires du tableau. Si les recommandations n’ont pas toujours été respectées, cela a tout de même permis l’évolution des équipements, la « norme » étant auparavant le vidéoprojecteur placé comme on pouvait, sur une table, une sellette de projecteur de diapositives ou autre bricolage. Ces installations sommaires étaient d’ailleurs interdites dans d’autres pays, comme le Royaume-Uni.
Là où le cahier des charges a été respectée, on s’est rendu compte que les usages se développaient plus et finalement, les collectivités ont appris progressivement à inclure d’autres critères dans leurs appels d’offres que le prix…

2015 – François Hollande fait entrer l’école dans l’ère du numérique.

Selon le chef de l’Etat, la mise en oeuvre du plan numérique a commencé dès le 7 mai 2015.

François Hollande a annoncé qu' »un milliard d’euros sur trois ans » seront consacrés à un vaste plan pour le numérique à l’école.

Le président de la République affirme « Mettre ces outils partout ». « On peut donner à tous, grâce à ces outils, grâce aux enseignants, davantage de connaissances et d’éléments de citoyenneté »

Il souhaite que la France puisse être le leader dans l’e-éducation (en termes de contenus et d’équipements). Il souhaite que le numérique soit utilisé dans toutes les disciplines.

Ce que le prévoit le plan numérique :

– Un programme exceptionnel de formation des enseignants et des personnels dans les 3 années qui suivent (2016,2017 et 2018)

– Un accès simplifié à une offre complète de contenus

– chaque collégien aura les outils à sa disposition

– Des tablettes numériques pour tous les élèves en classe de 6ème car c’est « un outil formidable adapté aux enfants »

Les objectifs du plan e-éducation :
– 1er objectif : Obtenir 70% des collégiens et écoliers dotés d’une tablette PC d’ici 2020.

– 2nd objectif : 60% des crédits pour les ressources pédagogiques seront dirigées vers le numérique.

 

 

 

2020 – Le marché en France, 10 ans après PrimTice

Cet équipement tend à se banaliser et devenir aussi incontournable que le tableau noir / vert / blanc ou le paperboard l’ont été pour les écoles et les entreprises.
S’il se vend encore quelques TBI ou VPI, il est assuré que le marché français va s’aligner sur celui des autres pays, notamment par la disparition de l’offre des anciennes solutions, mais surtout devant les avantages présentés par ces solutions, aujourd’hui à un coût mieux maîtrisé.

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  1. Je suis directrice d’une ecole a 3 classes oysca nos déjà un TBI chez mes cycles 3 mais je souhaiterai avoir des produits adaptés à la maternelle ? Merci
    Je précise que l’école est en zone rurale commune de moins de 2000 habitants et pas en REP.

    1. Les mêmes matériels sont adaptés aux maternelles.
      Vous pouvez choisir un modèle plus petit.
      Le faire fixer plus bas pour qu’il soit à portée des enfants ou mieux, le rendre réglable en hauteur.
      Aujourd’hui, les écrans interactifs, un peu plus chers à l’achat sont un meilleur investissement dans le temps, pas de bruit de ventilateur, coût de maintenance négligeable (pas de lampe à changer).

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