LES TICE, NIVELLEMENT PAR LE BAS DE L’ENSEIGNEMENT ?

De nombreux enseignants soutiendraient que l’introduction des TICE (Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) dans les salles de classe fait partie d’un nivellement général par le bas de l’apprentissage dans le monde d’aujourd’hui. Pourquoi ? Eh bien, enseigner avec un écran interactif tactile et mettre des iPads et des tablettes dans les mains des élèves rend l’apprentissage plus centré sur l’élève, et est également plus amusant.

Beaucoup d’entre eux argumenteraient que l’enseignement devrait viser à donner aux élèves que ce dont ils ont besoin, et non ce qu’ils veulent. Mettre l’apprentissage dans les mains des élèves, littéralement, n’est pas la façon d’aller de l’avant.

Cependant, bon ou mauvais, une approche de l’enseignement plus centrée sur l’élève est l’avenir.

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L’argument des enseignants

L’apprentissage selon les enseignants concerne la discipline de l’esprit, à tous les niveaux de l’enseignement. Le rôle décroissant de l’étude des Classiques dans le programme éducatif est essentiel dans leur argumentation. Jusqu’au XXème siècle, tout enseignement décent impliquait l’apprentissage du grec ou du latin. Quiconque a étudié l’une ou l’autre de ces langues comprendra la discipline intrinsèque, surtout celle de la mémoire. Pour les enseignants, le déclin des Classiques dans l’enseignement est un signe de nivellement par le bas.

L’ancien système à sens unique d’apprentissage est remplacé par un modèle dans lequel les élèves interagissent et s’engagent avec le sujet qu’ils apprennent. Est-ce que l’introduction de l’amusement et des jeux, par le biais des TICE, dévalorise vraiment l’apprentissage ?

L’imagination dans l’Enseignement

Tout se résume à l’imagination dans l’apprentissage. Dans le passé, on nous a enseigné à refouler notre imagination car considérée comme puérile. L’esprit était discipliné, et l’intelligence et la mémoire en particulier, était valorisée par-dessus tout. Pourquoi l’imagination serait-elle si bête ? Certaines des plus grandes réussites de l’humanité sont nées de l’imagination. Einstein a dit que, pour arriver à sa théorie de la relativité, il a dû repenser comme un enfant. Nos plus grandes réalisations artistiques viennent de l’imagination. Résoudre les problèmes du monde va exiger de l’imagination.

Les TICE facilitent les deux approches

Cependant, il y a beaucoup à redire sur un esprit discipliné. Sans doute, il vous aidera à traverser la vie. C’est une bonne préparation pour l’âge adulte et de ses responsabilités. Une synthèse du modèle pédagogique et du modèle axé sur l’élève serait peut-être la voie à suivre. Une valorisation tant de la discipline mentale que de  l’amusement et des jeux qui stimulent l’imagination. Certes, les deux approches sont facilitées par les TICE. En ce qui concerne le modèle pédagogique, qu’est-ce que le tableau blanc interactif sinon un tableau noir? Un tableau noir très puissant, mais un tableau néanmoins. Il captive les élèves hors de leurs propres machines et leur donne un centre, un objet. Et, bien entendu, l’approche centrée sur l’élève est appuyée par l’usage de tablettes, iPads, tbi ou vidéoprojecteur interactif. Ces outils permettent à l’élève et à l’étudiant de l’aider à réaliser ses forces et ses potentialités en tant qu’individus, afin de les préparer à un rôle spécifique dans la société.

Grâce aux TICE, l’enseignant peut donner aux élèves ce dont ils ont besoin et ce qu’ils veulent.

UNE ANNÉE ENCORE PLUS NUMÉRIQUE QUE EN 2017

Pour cette nouvelle année 2017, l’équipe de tableauxinteractifs.fr revient sur quelques chiffres et faits qui ressortent de l’étude Profetic 2016, cette étude nationale à l’avantage d’être conduite depuis six ans avec les mêmes questions et un échantillon représentatif de 5000 enseignants.

Le rapport de l’enquête PROFETIC 2016 montre clairement la progression de l’usage du numérique chez les enseignants ces dernières années, il montre également que l’attitude des enseignants vis à vis du numérique est de plus en plus positive.

On pourra lire le détail de ce rapport derrière ce lien: http://eduscol.education.fr/cid107958/profetic-2016.html

Plus des matériels à disposition des professeurs, développement des usages

On le voit au jour le jour, et les chiffres de l’enquête ne font que le confirmer de manière assez probante, nous côtoyons de plus en plus de matériels informatiques.

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Ce qui est notable c’est que les professeurs ont plus d’accès à l’informatique avec leur matériel personnel qu’avec le matériel fourni par l’école.

L’écart entre les taux d’équipement en ordinateurs fixes et portables (financés par les enseignants) se creuse, au profit des ordinateurs portables. L’ordinateur portable emporte le plus de suffrages, c’est aussi une donnée mondiale, il se vend depuis 2010 plus d’ordinateurs portables que d’ordinateurs fixes, pour les professeurs qui partagent leur temps de travail entre l’école et leur domicile, l’ordinateur portable a un avantage évident.

L’enquête montre également qu’au lycée de plus en plus d’élèves apportent leur propre ordinateur portable, avec l’accord de l’établissement.

L’école peut devenir un lieu qui permet une mutualisation des moyens techniques dans l’objectif de faciliter la collaboration, ce que l’on appelle en anglais les politiques BYOD (Bring your own device); on pourra lire dans cet article une description de cette gestion http://www.tableauxinteractifs.fr/2016/07/byod-un-bon-moyen-de-deployer-classes-mobiles-en-creant-des-economies/

L’enquête montre que l’usage des solutions numériques s’intensifie pour la préparation des cours, et la gestion des résultats d’évaluations.

Des professeurs plus convaincus des bénéfices du numérique

Le rapport PROFETIC classe les professeurs en 5 catégories, de A à E

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De 2011 à 2016 les professeurs réfractaires au numérique ont diminué de 21 pour cent à 15 pour cent, alors que les adeptes d’une utilisation étendue sont passés de 38 pour cent à 56 pour cent.
On peut maintenant affirmer que la majorité des professeurs associent l’ordinateur à leur pratique pédagogique quotidienne, cette majorité a été atteinte en 2015.

Une maturité accrue en face du numérique.

Nous avons tous, utilisateurs de l’informatique ont une « zone de confort », une pratique courante de certains logiciels, et nous partageons également le sentiment qu’une meilleure maîtrise pourrait nous aider dans notre travail. Ce dernier sentiment se développe quand on a une certaine maturité dans l’utilisation du numérique.

Ce paradoxe:

plus on en sait, plus on en fait, plus on a le sentiment de ne pas en savoir assez

Apparait dans l’étude :
Par comparaison avec 2014, d’avantage de répondants estiment leur maîtrise insuffisante, soit 36 %, ce chiffre est en augmentation de 5 points.

Les professeurs sont de plus en plus demandeurs de formations. Avec une meilleure maîtrise de leurs outils ils formulent des demandes de plus en plus précises ; nous pouvons vous inciter à lire (ou relire) les conseils qui avaient été publiés à l’occasion de la nouvelle année 2015
http://www.tableauxinteractifs.fr/le-tbi/de-linvention-du-tbi-a-aujourdhui/en-2015-redonnez-vie-a-votre-tableau-interactif/

Pour conclure et sans prendre aucun risque, on pourra donc prédire qu’en 2017 les usages du numérique à l’école vont se développer…

Comment les « Wearables Technologies » impacteront le quotidien des élèves ?

En parallèle de l’impact positif des solutions interactives en apprentissage pédagogique, la nouvelle technologie portable ou « wearable technology » fait le buzz presque autant que le Smartphone en son temps.D’ici 2020, on constatera une hausse de 45% du marché issus des « classrooms wearables ». D’ailleurs, plusieurs entreprises start-up et grands groupes se battent aujourd’hui pour avoir une part de marché.

Qu’est ce qu’un wearable technology ?

Un wearable c’est une nouvelle technologie intégrée directement dans les vêtements et les objets que nous portons.C’est un accessoire informatique et électronique faisant partie de la famille des objets connectés.Cet appareil permet de communiquer, d’être connecté sur internet ou à d’autres appareils, et de recevoir des informations. Il est utilisé à l’école comme en entreprise.
Concrètement, ce dispositif permettra à l’usager d’accéder à des informations en temps réel et d’y interagir.

A l’instar de tout appareil moderne, le wearable possède un stockage local. Quant à sa technologie, elle est miniaturisée, plus discrète et intégrée. Enfin, c’est un engin tout-en-un qui n’a plus besoin d’autre périphérique externe pour fonctionner.

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Un marché qui fait des étincelles

Selon une estimation du cabinet d’analyse économique Juniper Research, le nombre d’objets connectés en circulation dans le monde serait de 38.5 milliards en 2020 contre seulement 13.4 milliards en 2015 en tenant compte d’une progression annuelle moyenne de 17.5%. On remarque ainsi, 285% d’évolution, une belle preuve que ce secteur promet de beaux jours devant lui.

Côté constructeurs, Fitbit confirme sa place de leader avec ses trackers d’activité, tandis que Xiaomi dépasse Apple grâce à sa politique de commercialisation « low-cost ».
Comme le domaine professionnel, les établissements scolaires se mettent aussi aux wearables technologies. Par exemple, on peut citer la réalité virtuelle de Google avec son programme « Expédition » lancé en mai 2016. Il fonctionne à partir d’un smartphone doté de l’application Cardboard. Ce dispositif permet aux élèves de visiter n’importe quel endroit et monument du monde entier sans bouger dans la salle de classe même.
De par cette innovation, le géant du net compte alors, se positionner aisément sur le marché des « classerooms wearables » avec un chiffre d’affaire de 45% par an en moyenne aux Etats-Unis entre 2016 et 2020.

Exemples de wearables technologies

Voici deux autres exemples d’appareils de la famille wearable :

Le Bird

Bird est un appareil en forme de bague qu’on fixe au bout de l’index. Il peut se connecter à un Smartphone ou à une tablette par le biais du Bluetooth. En l’associant à un vidéoprojecteur, l’écran de l’appareil mobile est tout de suite projeté sur le mur que l’utilisateur désignera du doigt.
Ses fonctionnalités : cliquer, zoomer, faire glisser du contenu, tout en étant libre de ses mouvements.

Le bracelet connecté

C’est un objet venu de l’univers sportif. Cet instrument agit comme un coach personnalisé : il suit vos progrès jour après jour et il vous donne envie de vous dépasser. Le bracelet connecté surveille et contrôle donc, votre forme jusqu’au bout des orteils. Certains d’entre eux enregistrent même la distance parcourue pendant la journée, les calories métaboliques brûlées, la fréquence cardiaque, leniveau d’oxygène dans le sang mais aussi les cycles de sommeil.

En outre, le bracelet connecté incite à différents scénarios comme faire jouer les superhéros aux enfants. Pour faire évoluer leurs personnages, les bambins doivent dépenser en énergie.

Les apports pédagogiques des wearables technologies

Depuis plusieurs années, les wearables sont utilisés dans le domaine militaire et médical. Mais grâce au développement des technologies, ces gadgets connectés s’ouvrent dorénavant à un large public comme les écoles. Sur le chemin de l’école, dans la cour de récréation ou en classe, pendant les activités extra-scolaires ou à la maison, les objets connectés accompagnent ou équipent nos enfants dans leur vie scolaire.
L’école commence à se laisser convaincre du soutien apporté aux élèves via des apprentissages plus ludiques, suscitant la curiosité et l’imagination. Cette nouvelle technologie permet aux enseignants de créer des expériences d’apprentissage significatives pour les élèves, elleles aide dans toutes les matières pour apprendre des langues étrangères, la géographie, l’histoire et l’éducation physique. Par exemple, grâce à des stylos connectés, l’enseignant peut recevoir une analyse de la graphie et de l’orthographe de ses élèves. Les problèmes de dyslexie seraient alors plus rapidement repérés et l’intervention des orthophonistes plus rapidement mise en place en primaire.

Enfin, les technologies numériques pour l’enseignement ne cessent d’innover. A l’instar des wearables, on rappelle également les technologies de la réalité virtuelle, la réalité augmentée et les plates-formes des ressources pédagogiques interactives comme mimio connect, SMART exchange et classflow, qui créent un environnement pédagogique plus impactant pour les élèves, où ils sont plus inspirés à s’engager avec le contenu présenté en adoptant l’apprentissage collaboratif et inversé. Selon des enseignants, ces nouvelles technologies aident les élèves à comprendre des sujets et des théories complexes, en plus d’enrichir et de compléter les méthodes d’enseignement actuelles, elles encouragent l’engagement,la créativité et la pensée critique, aidant finalement à répondre aux besoins des élèves.

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L’école numérique : la France est en retard

Selon un rapport d’enquête publié le 7 mars par l’Institut Montaigne, en partenariat avec le Boston Consulting group, la France connaît un retard considérable en matière de numérique à l’école. En effet, elle se situe en avant dernière position après les pays européens comme l’Allemagne. Il souligne même l’absence d’une stratégie numérique sérieuse venant de l’Education nationale.

. D’ailleurs, la rentrée 2016 sera sous le signe du numérique

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Diagnostic plus ou moins négatif

Depuis les années 80, l’Education nationale annonce à chaque changement de majorité ou de remaniement, un plan numérique de grande ampleur sans associer une réelle réflexion pédagogique à la réalisation du projet. Les plans se sont succédés année après année avec des investissements conséquents mais malheureusement sans résultats tangibles perçus sur le terrain. Le manque de culture web, et la gestion pyramidale des personnels et des usages se trouvent parmi les obstacles chroniques importants freinant l’évolution et les pratiques digitales.

Sinon, le retard de la France est également né de la réticence de la société, que ce soient des parents, des élèves ou des citoyens mais aussi des professeurs à l’usage des nouvelles technologies à l’école.
En plus, «Les collectivités françaises dépensent encore, chaque année, 300 millions d’euros pour l’acquisition de manuels scolaires papier, auxquels s’ajoutent 100 millions d’euros pour des photocopies à usage pédagogique» et «Moins de 0,5% des dépenses faites en faveur d’un élève français sont dédiées au numérique, c’est six fois moins que la moyenne mondiale». Par ailleurs, dans ces 0.5%, «Les contenus se trouvent trop souvent inadaptés aux besoins, au contexte, à la tranche d’âge ou à la finalité pédagogique». Pourtant, la numérisation des écoles devraient être appréhendée tel «un nouveau savoir fondamental, au même titre que parler, lire, écrire et compter» comme l’explique Think tank.

L’enjeu majeur de l’utilisation pédagogique du numérique est de donner à tous l’accès à l’enseignement, afin de permettre au plus grand nombre d’élèves de réussir. Concrètement, le développement numérique à l’école permettra de redonner le goût de l’apprentissage aux élèves en modernisant les pratiques pédagogique, de réduire les inégalités sociales entre les élèves et enfin déjà de former les élèves aux compétences numériques indispensables pour trouver un emploi dans le futur.

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